Au fil des années, je me suis promenée dans Rome, accompagnée, certains jours , des anges: car je sais que mes promenades n’étaient pas le seul fruit du hasard mais de l’inspiration.Dans cette ville où je vis, depuis plus de trente ans J’ai arpenté les endroits qui me parlaient davantage, tels,les bords du Tibre, les jardins, courant “après le genre de beauté auquel on se trouve le plus sensible”.

Le Tibre coule à ma porte, compagnon de mes sorties, il me regarde, je le regarde et son oeil aux multiples miroirs me séduit. C’est un artiste. Ses eaux  réinventent la ville, la transforment à toutes les heures du jour. Et voilà que toute chose perd consistance, volume, forme. Le fleuve ignore  la pierre, le marbre, la matière et c’est une refonte, un nouvel espace pour des architectures, non sorties de la main de l’homme  mais surgies du sable et de l’or de la lumière réfractée. Il en est ainsi des reflets du Mausolée d’Hadrien,  des anges du Bernin, de la coupole de Saint-Pierre, entrevue,un jour naviguant sur les eaux. Parcourant, il y a plusieurs années les jardins de la Villa Médicis, je découvrais, la fontaine de Niobé,ce fameux carré des Niobides, créé par Balthus, à partir d’un moulage antique, mais le jardin qui m’est le plus cher, c’est le Jardin Botanique. J’aime m’y promener en toute saison, me laisser prendre par les premiers signes printaniers ou par les variations colorées  de l’automne.